UE-Maroc : un partenariat pour la mobilité en trompe l’œil

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UE-Maroc : un partenariat pour la mobilité en trompe l’œil

(publié sur La Cimade)

Le 7 juin dernier, le Maroc a signé un « Partenariat pour la mobilité » avec l’Union européenne. Ce même jour, se présentaient devant le tribunal de première instance de Rabat, 21 ressortissants sénégalais arrêtés lors d’échauffourées avec la police marocaine dans l’enceinte de leur ambassade au Maroc, alors qu’ils venaient dénoncer leurs conditions précaires de vie et les agressions physiques et morales qu’ils subissent. Cet évènement est une illustration de la politique de plus en répressive menée par le Maroc à l’égard des migrants et qui risque d’être renforcée suite à la signature de cet accord avec l’UE.

Le partenariat pour la mobilité est l’instrument principal de mise en œuvre de la « nouvelle » politique d’« Approche globale des migrations et de la mobilité » promue par l’UE et présentée comme une réponse aux défis soulevés par les Printemps arabes et l’ouverture démocratique au Sud de la Méditerranée. Cette politique a pour objectif d’instaurer un cadre global de discussion avec les pays tiers sur les migrations et leur nouveau corollaire, la mobilité, dans le cadre de la politique étrangère de l’UE. Présentée comme une évolution par rapport aux politiques précédentes, cette « nouvelle approche globale » n’en demeure pas moins dans la continuité : dialogue déséquilibré, orienté selon les intérêts de l’UE ; « avantages » en matière de visas et d’aide au développement conditionnés à la mise en place de politiques de contrôle des flux migratoires ou à la signature d’accords avec Frontex, etc.

Le partenariat pour la mobilité signé entre le Maroc et l’UE s’inscrit dans la droite ligne de la politique d’approche globale des migrations et de la mobilité promue par l’UE. Il s’articule autour des quatre grands objectifs suivants : mieux gérer la circulation des personnes pour des séjours de courte durée, les migrations régulières et la migration pour des raisons de travail ; renforcer la coopération en matière de migrations et de développement ; lutter contre l’immigration irrégulière, les réseaux de trafic des êtres humains et de traite, et promouvoir une politique efficace en matière de retour et de réadmission ; enfin, respecter les instruments internationaux relatifs à la protection des réfugiés dûment ratifiés.

Si l’accord contient quelques éléments positifs comme la facilitation de délivrance de visas de court séjour (mais à une catégorie très restreinte de la population) ou la volonté de renforcer les capacités des acteurs de la société civile dans le domaine de la migration, il soulève de nombreuses questions en matière de droits fondamentaux et laisse craindre une aggravation de la situation des migrants subsahariens au Maroc.

Le nœud du problème réside dans l’objectif de signature d’un accord de réadmission entre l’UE et le Maroc, mentionné explicitement comme une priorité du volet immigration irrégulière du partenariat pour la mobilité. Un tel accord permettrait à l’UE de renvoyer vers le Maroc non seulement les ressortissants marocains qui se trouvent en situation irrégulière sur le territoire des Etats membres mais aussi les ressortissants de pays tiers ayant transité par le Maroc pour se rendre en Europe. Présenté comme un engagement mutuel, ce type d’accord est cependant toujours à l’avantage des Etats membres de l’UE. A travers ces accords, ces derniers cherchent à renvoyer le plus facilement possible des personnes en situation irrégulière sur leur territoire. Le Maroc étant un pays par lequel transitent de nombreux migrants subsahariens, on comprend aisément l’empressement de l’UE à vouloir conclure cet accord…Or, il ne prévoit aucune garantie solide pour le respect des droits fondamentaux des migrants qui peuvent être renvoyés dans un pays avec lequel ils n’ont aucune attache ou dans lesquels leurs droits ne seront pas respectés. Aucun accès à la justice n’est prévu pour les migrants dans le cadre de leur procédure de retour vers leur pays d’origine. La signature d’un tel accord aurait nécessairement comme impact de reporter la pression migratoire à l’extérieur des frontières de l’UE et de la répartir sur les pays voisins comme le Maroc qui deviendrait « garde-frontière » de l’UE. Il serait obligé de réadmettre les subsahariens qui auraient transité sur son territoire, l’obligeant ainsi au développement de camps de rétention pour organiser leur rapatriement.

Cela fait plusieurs années que l’UE essaie de convaincre le Maroc pour signer un accord de réadmission. Sans succès jusqu’à présent. Mais une brèche s’ouvre aujourd’hui avec cet accord pour la mobilité qui permet d’enrober l’accord de réadmission dans un emballage plus vaste et plus attrayant, offrant quelques « bénéfices » comme la facilitation de visas. Une autre stratégie de l’UE pour faire céder le Maroc et habiller ses objectifs sécuritaires ?

Reste que si cet accord de réadmission n’est pas signé, le partenariat prévoit tout de même de renforcer les capacités du Maroc à combattre l’immigration irrégulière, ce qui laisse augurer d’un durcissement des politiques de ce pays à l’égard des migrants qui subissent déjà aujourd’hui la répression, les expulsions et les violences commises par les forces marocaines de sécurité.

IT

Marocco – L’Unione Europea porta a casa un nuovo partenariato sulla circolazione delle persone nell’area euromediterranea

Intervista a Said Tbel, Associazione per i Diritti Umani in Marocco a commento della Dichiarazione di cooperazione Marocco-UE

(pubblicato su Melting Pot)

La scorsa settimana i ministri di nove paesi europei e il ministro degli affari esteri del Marocco riuniti in Lussemburgo hanno firmato una dichiarazione politica congiunta su Partenariato e Circolazione tra Marocco ed Unione Europea che apre la strada ad una serrata e lunga cooperazione in materia di immigrazione e gestione della circolazione delle persone.

Autore: Neva Cocchi

Presentata dalle autorità marocchine come un’occasione di sviluppo per il Marocco e come dimostrazione della grande fiducia di cui il Governo Monarchico gode presso l’Unione Europea, la dichiarazione affronta principalmente il tema della circolazione delle persone nella zona euromediterranea anziché indicare percorsi concreti per lo sviluppo economico del paese del Maghreb.

Said Tbel, attivista dell’associazione marocchina per i diritti umani, commenta la portata politica della dichiarazione, spiegando innanzitutto che con questo partenariato i paesi europei ritornano sul nodo delle riammissioni di migranti in situazioni di irregolarità verso il Marocco, grazie ad un linguaggio ammorbidito ed eludendo il termine “riammissioni” in passato mal visto dal governo marocchino. Secondo Tbel saremmo di fronte ad un altro modo per raggiungere il risultato, ma senza incappare nell’errore già compiuto in precedenza che aveva condotto al fallimento dei ripetuti tentativi europei di siglare accordi bilaterali di riammissione con questo paese.

Gli aspetti centrali della dichiarazione sono sostanzialmente su due filoni principali: una maggiore facilità nel rilascio di visti per soggiorni brevi per motivi di studio, ricerca, affari (comprese iniziative di formazione e sensibilizzazione verso le autorità competenti marocchine) e il controllo delle frontiere.
“Va notato però che le procedure per gli ingressi nei paesi UE per studio o viaggi d’affari non hanno mai costituito un ostacolo per questa nicchia di viaggiatori, molto distante dalla maggioranza della popolazione che invee emigra per ragioni economiche” commenta Said Tbel. Si tratta quindi di una misura che non incide particolarmente sulla politica dei visti, che tra l’altro sono più acessibili per gli abitanti elle città del nord”.

E’ invece nel settore della repressione dei movimenti migratori che questo partenariato andrà invece ad incidere. Commenta Tbel: “il rovescio della medaglia sono invece gli accordi che il Marocco si impegna a stipulare con questa comunicazione, accordi di cooperazione per il controllo delle frontiere e per la lotta all’immigrazione irregolare. Se è vero che già oggi Spagna e Italia espellono in Marocco minori non accompagnati, il Marocco si impegna con questo testo ad ammettere sul proprio territorio tutti i migranti che si trovano in qualsiasi paese europeo per il semplice fatto che essi hanno transitato dal Marocco.”
Centrato l’obiettivo che da anni si pongono i paesi membri con la politica della cosiddetta esternalizzazione della frontiera: consegnare i migranti irregolari ritrovati sul proprio territorio al Marocco con il compito di disfarsene come crede. Poco importa se ciò avviene attraverso vere e proprie deportazioni, spesso verso la frontiera con l’Algeria. E’quanto accade da anni ai migranti subsahariani che anche in queste ultime settimane sono stati deportati a Oujda, città di confine con l’Algeria e da lì spinti a manganellate e calci al di là del confine, dove pochi chilometri dopo comincia una vasta zona desertica. “Ci hanno caricato su due pullman e da Rabat ci hanno portato a Oujda, senza darci ne da bere ne da mangiare, poi ci hanno rinchiuso in una caserma finché non è arrivata la notte, e dopo ci hanno spinto in Algeria, con le botte, rincorrendoci con i manganelli, per impedirci di tornare indietro. C’è un sacco di gente che è morta in quella terra di nessuno tra il Marocco e il deserto algerino” ci racconta Alye Ndiaye, migrante senegalese deportato in Algeria e poi ritornato a piedi a Rabat, dove lo incontriamo ad un presidio davanti all’Ambasciata del Senegal per protestare contro gli abusi e le violenze della polizia marocchina.

“Il Marocco ha sempre dato la caccia ai migranti subsahariani, spiega Tbel, con intensità diverse, certamente, perché per alcuni periodi li respingeva all’ingresso mentre in altre circostanze li ammetteva tranquillamente. Ma quello che accade da novembre 2011 è qualcosa di diverso: è stata innescata una vera e propria guerra contro i migranti subsahariani in Marocco”.

E’ quanto denunciano anche i migranti senegalesi in presidio davanti all’ambasciata, dove ci raccontano della escalation dei soprusi della polizia marocchina verso queste comunità, con retate continue, fermi ed arresti illegittimi. Ci spiegano che per lavorare in Marocco non serve un visto ma solo il passaporto, ciononostante nel mese di maggio nella sola città di Rabat per ben 4 volte la polizia ha effettuato retate di massa di migranti senegalesi con il pretesto di verificare i documenti. La goccia che ha fatto traboccare il vaso è stato il 30 maggio, quando la polizia ha confiscato senza alcun motivo i passaporti di 21 migranti senegalesi, lasciandoli senza documenti.
“Solo adesso si spiega la recrudescenza di questi atteggiamenti”, racconta Said, “il Marocco ha saputo ben dimostrare che sa compiere egregiamente il suo compito di gendarme. Questo ha un ulteriore significato nella prospettiva futura della cooperazione alla riammissione, continua, per evitare che il Marocco si trovi a dover gestire con mezzi diversi due dimensioni parallele: l’espulsione dei migranti che stanno qui e quella dei migranti riammessi dai paesi dell’UE. Ecco che si profilerebbe allora la necessità di costruire i centri di detenzione.
E’ su questa riflessione che si conclude l’intervista con Said Tbel, membro di un’associazione che ha contribuito a impedire che anche in Marocco, come in Libia, venisseri aperti centri di raccolta e detenzione di migranti. Ma oggi, la prospettiva del Partenariato appena avvitao tra l’Unione Europea e il Governo monarchico del Marocco apre ad un avanzamento nel ruolo di gendarme per conto dell’Unione Europea, e la necessità di strutture per il concentramento di migranti da espellere oltre frontiera si pone anche su un piano economico. Il Governo del Marocco si sta probabilmente preparando a non far ricadere le spese di tutto quanto solo sulle proprie finanze.

Neva Cocchi, Melting Pot Europa

Intervista a Said Tbel, AMDH Marocco

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